| La calèche des damnés Par une nuit froide et cinglante comme la dague en son éclat d'argent Une calèche sur des chemins improbables, poussant ses chevaux sous l'enfer d'un orage Projetant çà et là la fange de ses roues, des sabots ruisselants Et s'élançant à travers le déluge infini, en l'énorme tourbillon de rage Emportait les corps de la Terre, pour un séjour étonnant Nul ne savait d'où elle venait et où elle allait ; nul cocher ne menait l'attelage Au détour d'un chemin, pour cette raison, la calèche prit le versant Lors, suppliciés de la géhenne autrefois fiers et arrogants Grands prêcheurs de foules, et parmi les plus sages Seigneurs du monde et des êtres ici-bas, maintenant Pitoyables rats volant par-dessus le bastingage S'abîmant en un sinistre fracas dans un gouffre aux parois de pelage La bouche béante d'une araignée séculaire en un temps les happant Ils pleuraient, hurlaient et pissaient sur eux dans l'effroyable naufrage D'aucuns se rappelant, un jour passé, du présage inquiétant Qui nous avertit, mortels, de l'imminent sabotage. |